• 12 / Apr / 2024
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HYPERTENSION : UN TUEUR SILENCIEUX

 

L’hypertension artérielle était auparavant considérée comme une maladie de riches mais la situation a radicalement changé au cours des deux dernières décennies, les tensions artérielles moyennes étant actuellement plus élevées en Afrique qu’en Europe et qu’aux États-Unis d’Amérique (É-U) et la prévalence en augmentation chez les pauvres. L’hypertension est le facteur de risque numéro un pour les maladies cardiovasculaires (MCV) telles que l’infarctus du myocarde, les accidents cérébrovasculaires et l’insuffisance rénale, entre autres, en Afrique. Par conséquent, les MCV se sont imposées comme la principale cause de décès en Afrique et les nombres croîtront davantage au cours des prochaines décennies, traduisant l’urbanisation croissante et les changements du mode de vie y relatifs. La nouvelle épidémie de l’hypertension et des MCV constitue non seulement un problème de santé publique important mais aura également une sérieuse incidence économique au fur et à mesure qu’une proportion considérable de la population productive souffre d’une maladie chronique ou meurt, laissant leur famille dans la pauvreté.

Bien que l'hypertension ne présente généralement aucun symptôme, elle mène à des complications qui sont responsables de morbidité et de mortalité considérables. En général, l'hypertension peut causer de graves dommages aux artères, au cerveau, au cœur et aux reins. De manière spécifique, les complications majeures sont les suivantes : 

- Pour le cœur : il s'agit d'insuffisance cardiaque, de maladies des artères coronaires et de l'infarctus du myocarde ou crise cardiaque

- Pour le cerveau : de nature cérébrovasculaire, ou affectant l'irrigation sanguine au cerveau : il s'agit d'accidents cérébrovasculaires ou congestion cérébrale

- Pour les reins : l'insuffisance rénale

- Pour les yeux : les affections rétiniennes notamment la rétinopathie qui peut conduire à un déficience visuelle

La gestion de l'hypertension vise essentiellement la prévention de ces complications plutôt que le contrôle de la tension artérielle uniquement. Selon un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ; un quart des adultes provenant de la moitié des pays africains étudiés possède au moins trois facteurs de risque qui augmentent la probabilité d'avoir une ou plusieurs de ces maladies dues à l'hypertension au cours de leu vie.

Le rapport de l'OMS montre également que les femmes africaines de plus de 45 ans courent un risque plus élevé de contracter ces maladies.

Alors que la consommation d'alcool et de tabac est plus faible en Afrique que dans les autres régions du monde, l'hypertension est la plus élevée au monde, touchant près de la moitié de la population adulte.

Selon l'OMS toujours, la tendance est inquiétante car la maladie est insidieuse et souvent découverte trop tard. Le continent est également le seul endroit au monde à avoir le double fardeau de la sous-alimentation et de l'obésité. Pourtant, tous ces problèmes de santé peuvent être évités en mangeant bien, en buvant avec modération (alcool) et en faisant de l'exercice. Si de telles précautions ne sont pas prises, cela pourrait coûter beaucoup plus cher pour les gouvernements dans les traitements médicaux et la prise en charge.

                                                                                          
L’hypertension est essentiellement associée à des facteurs environnementaux et liés au style de vie plutôt que génétiques et a un lien de cause à effet plus prononcé avec cinq comportements en particulier : la consommation du tabac, l’utilisation excessive de l’alcool, le manque d’activité physique, un régime alimentaire malsain (forte consommation de sel, consommation insuffisante de fruits et de légumes) et l’obésité. Les facteurs de risques menant à l’hypertension peuvent être réversibles (modifiables), irréversibles (non-modifiables), ou associés à des troubles prédisposant à l’hypertension.
Cela peut donc aller de l'accident vasculaire cérébral (AVC) à l’infarctus du myocarde en passant par l’insuffisance rénale et l’artérite des membres inférieurs… Mais on oublie aussi que les démences vécues comme une fatalité par beaucoup de personnes autour de la cinquantaine sont étroitement associées à votre niveau de pression à 50 ans. Même les démences d’Alzheimer ont une composante vasculaire reconnue. Aujourd'hui avoir la pression artérielle la "plus normale" à un âge moyen est le seul facteur reconnu de prévention des démences à notre disposition.
Bien qu'on ne puisse totalement guérir de l'hypertension, la tension artérielle peut être normalisée. De l'équilibre alimentaire à la réduction des facteurs aggravants en passant par les traitements médicamenteux, la prise en charge doit être entreprise le plus tôt possible.


Monica Kalla-Lobé.