• 05 / Dec / 2022
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Bissimilah Debbo Tobbo: Un rituel de chants et de danses pour faire tomber la pluie à Niabina

Ah la pluie, cette eau si précieuse due à la condensation des vapeurs d’eaux, qui répand une manne de bienfaits sur terre et que tout le monde attend avec impatience. Elle redonne couleur et humidité à ces terres arides et sèches, donne de la fraicheur et de la nourriture à des populations affamées vivant dans certaines zones assez reculées et dont elle est la principale source d’approvisionnement.

Toutefois cette bénédiction tarde parfois à venir. Mais à Niabina, une petite ville en Mauritanie, les habitants ont trouvé la formule magique pour la faire jaillir des nuages parfois gorgées d’eau ne voulant pas abreuver les sols et qui restent obstinément cloitrées au ciel. A Niabina, ville mauritanienne dont la population est essentiellement Al Pulaar, un rituel pour quémander la venue de la pluie existe belle et bien. Souvent la pluie tarde à venir dans cette zone chaude durant presque toute l’année. Le « bissimilah debbo tobboo »ou bienvenue dame pluie est un moyen pour nos amis pulaar à Niabina de faire une demande ou une séduction à la pluie. Un rituel de chant et de danse composé de jeunes filles, de jeunes garçons, d’enfants et de quelques vieux est improvisé lors d’une journée ou le soleil ne fait pas de cadeau.

C’est sous un soleil ardent et un ciel rempli de nuage que la danse et les chants sont faits en sillonnant les rues de la petite ville, attirant ainsi de plus en plus de monde. Une fois que le nombre de chanteurs et de danseurs de toutes les tranches d’âge est suffisamment considérable, toute cette horde d’individus se rendent chez la plus récente mariée du village. Celle-ci en guise d’aide dans la cérémonie de « bissimilah debbo tobbo »remet aux jeunes chanteurs et danseurs le pagne tissé qui la recouvrait le jour de sa nuit de noce. Cette masse populaire refait ensuite demi-tour jusqu’à l’endroit où avait commencer plutôt les chants et danse du rituel pour allumer un grand feu dans lequel le pagne tissé de la jeune mariée est brulée en guise de cadeau à la pluie. Les chants, les danses auxquels toutes les personnes quel que soit leur âge sont tenus de participer, continuerons ainsi jusqu’à ce que le soleil se couche si bien sur une pluie ne les interrompt pas.

 Autrement l’opinion générale croit en une pluie de forte quantité dans les trois jours suivant le rituel de « bissimilah debbo tobbo »ce qui est souvent le cas d’ailleurs. Hasard, bénédiction, coïncidence ou mystère,  seul les sages de Niabina en connaissent la réponse.

  STG : AISSATA NDIAYE