• 26 / Sep / 2021
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LA SITUATION DE LA VEUVE DANS LA BELLE -FAMILLE


Vivre avec son époux pendant des années et le voir partir à jamais est très difficile. Cela peut impacter à la psychologie de la femme. N’est-il pas plus difficile quand votre belle famille vous ignore, vous déteste, vous haie et vous méprise comme si vous en étiez responsable ?
Serait-il pas plus facile d’avoir le soutien de la belle famille avec laquelle vous avez vécu pendant des années ?
Le fardeau ne serait-il pas plus léger si vous pleurez, priez ensemble pour le repos de son âme ?
Bien sur.

La mort d’un être cher surtout d’un époux est assez difficile  à moins que vous soyez très pieuse et soutenue par l’entourage. Dans la plupart du temps, les veuves qui vivent toujours avec la belle famille cohabitent avec une énorme souffrance. Elles sont souvent affrontées à des belles sœurs et des belles mères qui leur reprochent tout le temps la mort de leurs fils et frères. Quelle femme aimerait se séparer de son amour prématurément ? Mais cette question n’est pas la préoccupation de la seconde famille.

Chez les musulmans, quand vous perdez votre mari, vous êtes dans l’obligation de respecter ces chartes pendant 4 mois :

 Ne plus se tresser avec des mèches
Couvrir tout votre corps, de la tête aux pieds
Accomplir les Cinq prières
Ne pas se marier avant la fin des 4 premiers mois

Et il est préférable de rester dans la maison de votre mari (avec votre belle famille si elle vit là-bas).

C’est pendant ces quatre mois ou le reste de sa vie que la femme va connaitre la signification des mots isolement, calamité, chagrin et incapacité. Avec un peu de chance, à condition d’avoir des enfants avec son défunt mari, elle pourrait être à l’abri des besoins grâce aux biens que le mari a laissés. Au cas échéant, la belle-famille s’accapare de tous les avoirs et laisse la veuve avec rien. Elle restera dans la maison pour entendre les calomnies sans rien faire car la ou les religions demandent aux veuves de s’en remettre à dieu.

On ne parle pas à la place des témoins ou des principales concernées. Elles seules, sont en mesure de tout expliquer. C’est avec supplice que  NDEYE (nom d’emprunt) a accepté de nous raconter une partie des quelques mois de veuvage qu’elle a vécu avec sa belle famille qu’elle accuse :

«  Je me suis pendue à l’âge de 19 ans alors que j’étais toujours étudiante. 7 ans après, mon époux m’a amené vivre chez sa mère, ses sœurs et frère. Au début, ils m’ont bien traité peut être parce que c’est mon mari qui s’occupait de la maison et que moi aussi j’avais un bon emploi. Après 22ans de mariage, mon mari décéda suite à une crise d’épilepsie. C’était en mars 2015. La rituelle des 40 jours de son décès a été mon premier jour en enfer sur terre. C’est à partir de ce moment que j’ai découvert le vrai visage de sa famille. Seul son frère ainé me soutenait sinon sa mère et ses sœurs me traitait de tous les noms même quand je suis sur ma natte de prières. Elle répétait toujours ceci : «  vas rejoindre ta famille si tu en as et quitte la maison » Mais je suivais les instructions de mon gentil beau frère, de ma mère et d’un marabout du quartier.

Deux mois après, alors qu’on partageait l’héritage comme le veut la charia, la belle-mère a décidé de tout garder avec ses enfants. Les jumeaux que j’avais de cette union sont décédés prématurément.

Malgré tout, je suis restée et je vivais avec endurance. Je ne voulais pas tourner le dos à ma chambre, mon appartement que j’avais là-bas renfermant tous les bons souvenirs de mon mari et de mes jumeaux. Je me suis battue en vain. Lorsque les quatre mois sont épuisés je suis partie rejoindre mes parents et reprendre mon travail. Leurs paroles m’atteignaient à un point ou je ne voulais plus rien que de rejoindre mon tendre époux.
Mais alhamdoulilah, ce n’est plus que de l’histoire ancienne ».

La pression familiale est le pire ennemi de la personne, elle est très difficile à surmonter surtout quand vous êtes vulnérable face à cela. Perdre son mari n’est pas un péché encore moins un crime mais juste la volonté divine.

Miracle joyeux de la naissance ; Miracle ténébreux de la mort entre les deux la vie et la mort. S’appuyant sur cela, les belles familles qui rejettent la mort de leurs fils ou frères à leurs femmes juste par plaisir ou pour s’approprier des biens du défunt doivent penser d’abord à eux. Car un jour elles pourront se mettre à la place de la veuve.
Mais en attendant, celles qui ont perdu leurs maris peuvent continuer à s’en remettre à dieu et être tenante. Rien n’est éternel alors suivait l’exemple de Ndeye qui s’est battue positivement pour retrouver une vie meilleure.




NDEYE PENDA DIALLO