Les femmes, premières victimes du complexe de l'imposteur

Les femmes, premières victimes du complexe de l'imposteur

Le complexe de l'imposteur, autrement dit ne jamais se sentir à la hauteur, a été identifié dans les années 70 par deux chercheuses. Si les hommes peuvent y être sensibles, les femmes sont plus susceptibles d'en souffrir, notamment dans leur vie professionnelle.

"Quand ils échouent à un test, les étudiants blâmeront plus souvent la difficulté du test ou la sévérité de la correction tandis que les étudiantes douteront de leur intelligence." Cet exemple donné par le Docteur Valérie Young définit parfaitement le complexe de l'imposteur. Les femmes seraient davantage exposées à ce phénomène.

Qu'est-ce que le complexe de l'imposteur ?

L'appellation "complexe de l'imposteur", plus connue sous le nom de "syndrome", est théorisé par les psychologues cliniques Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes en 1978. Désignant les doutes maladifs et constants des réussites professionnelles et personnelles, le concept est rapidement assimilé à une maladie, puis comme une expérience vécue par une grande majorité de la population.
Une personne atteinte du complexe de l'imposteur aura tendance à croire que ses succès sont seulement dus à des coups de chance et non grâce à ses propres capacités.

On peut également définir le syndrome par la peur de réussir, empêchant de concrétiser des actions. Afin de l'identifier, une mesure a été développée sous le nom "d'échelle de Clance". Ainsi, le complexe de l'imposteur apparaît régulièrement à différents niveaux et peut perdurer. Pour Valérie Young, il peut survenir lorsqu'une personne ne s'identifie pas aux autres dans un milieu particulier : "Tout cela est d'autant plus vrai si vous êtes issu d'une minorité raciale sous-représentée dans votre milieu, Avoir le sentiment d'appartenir à un groupe favorise la confiance en soi  car plus votre entourage vous ressemble, plus vous avez l'impression d'être à votre place. Au contraire, quand vous êtes en minorité dans un groupe, que ce soit à cause de votre couleur de peau, de votre sexe ou d'un handicap, votre propension à douter de votre légitimité risque d'être plus grande."

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées que les hommes ?

"Les femmes sont souvent obnubilées par l'obligation de se montrer compétentes et de s'investir corps et âme pour décrocher un poste là où les hommes tenteront leur chance tout naturellement en croyant en leur potentiel", ajoute le Docteur Young. Plus sujette à la susceptibilité, la gent féminine aurait bien moins confiance en elle que son homologue masculin.

La spécialiste démontre sa théorie : "Dans un groupe, les femmes et les filles ont tendance à prendre pour elles les critiques qu'elles reçoivent, À l'inverse, les hommes sont davantage susceptibles d'imputer les difficultés qu'ils rencontrent à des éléments extérieurs qui n'ont rien à voir avec leurs propres aptitudes." Le complexe de l'imposteur surgirait alors lorsque les femmes subissent une trop forte pression, bien souvent nourrie par leur propre insécurité. Déjà exploitée l'an passé dans une étude pour la Société américaine de physiologie, ce complexe consolide le plafond de verre dont les femmes sont victimes. 

 

Source: Journaldesfemmes

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