Ndèye Fatou Kane : l'écriture dans les gènes

Ndèye Fatou Kane : l'écriture dans les gènes

C’est la gagnante du Prix Jeunesse des moins de 35 ans qui font bouger l’espace francophone dans la catégorie Arts, Culture et Mode.

De son nom Ndèye Fatou Kane, nous sommes allées à la rencontre de la petite fille de l’écrivain Cheikh Hamidou Kane. Passionnée de littérature depuis son plus jeune âge, l’écriture semble être dans ses gènes. 

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Parler de soi est un exercice toujours difficile. On a peur d'en dire trop, ou au contraire pas assez. Je m'appelle Ndèye Fatou Kane, 32 ans, Sénégalaise d'ethnie Peul née et grandi à Dakar, où j'ai fait toutes mes études primaires, secondaires et une partie du supérieur.

 Quel était votre parcours académique et professionnel avant de devenir écrivain ?
Après l'obtention de mon Bac L2, j'ai fait une classe préparatoire (option économique) à l'Institut Supérieur de Management de Dakar avant d'aller en France passer le concours d'entrée aux grandes écoles de commerce. Concours à l'issue duquel j'ai intégré un business School d'où je suis sortie diplômée en Transport et Logistique internationale et management portuaire. Diplômes qui m'ont permis d'acquérir plusieurs expériences professionnelles dans des multinationales du secteur de la logistique.
Devenir écrivain ? Je ne pense pas que l'on décide de se réveiller un beau jour et décider de devenir un écrivain. Je pense que l'on porte les gènes de l'écriture en soi et que ceux-ci ne demandent qu'à éclore à un moment ou à un autre.
Pour ma part, c'est mon cas. 
Ayant toujours été une grande lectrice, la lecture m'a amenée à l'écriture. J'ai d'abord commencé par mon blog, et les interactions avec les lecteurs dudit blog (
www.cequejaidanslatete.wordpress.com) m'ont amenée à la publication de mon premier roman, le Malheur de vivre (L'Harmattan, 2014), suivi de Franklin, l'insoumis (La Doxa, 2016) et en Mars 2018, est paru Vous avez dit féministe ? Un essai autour de la question féministe.
Comment vous est venu le goût de l’écriture ?

Comme je le disais plus haut, l'envie d'écrire m'est venue de la lecture. Les histoires que je lisais mont inconsciemment menée vers l'écriture, via le blogging tout d'abord, ensuite vers la fiction. 
 Pourquoi avoir choisi de soutenir les femmes ?

Je ne me suis même pas posé la question, je pense que cela est un processus naturel. Dans la vie d'une femme, tout est une question d'étapes. J'étais à une époque où je me cherchais, je cherchais à débusquer mon vrai moi, par rapport à ma triple identité d'Africaine, de Peule et de Sénégalaise. La décennie passée en Occident, loin de mon Sénégal natal, j'ai pu me redécouvrir et construire mon identité. La résultante de cette quête de soi est les combats que je porte aujourd'hui. À travers non seulement la parution de mon essai, mais la publication de contributions dans la presse, car je suis convaincue que le changement viendra de nous-mêmes. 


Vous tenez un blog en ligne, pourquoi avoir décidé d’écrire des livres ?
Parce que j'aime lire, tout simplement. Et avec les notes de lecture que je publiais dans mon blog, les commentaires des lecteurs aidant, j'ai eu envie de faire la même chose que ces auteurs dont je disséquais les ouvrages.
Quel est le message que vous souhaitiez faire passer à travers vos livres ?
Ma bibliographie est hétéroclite. Car j'ai à mon actif un roman, un recueil de nouvelles et un essai. Donc les messages diffèrent car les types d'ouvrages diffèrent. Je laisse le soin aux lecteurs d'en extraire les messages.


Vous êtes dans la logistique et le transport international, écrivaine, comment arrivez-vous à concilier le tout ?
La passion est un puissant moteur et permet de soulever des montagnes. Donc seule la passion est mon mantra et me permet de jongler entre mes différentes activités.
À part l’écriture, quelles sont vos passions ?
La lecture.
Les deux vont de pair, n'est-ce pas ?

Quels conseils pouvez-vous donner aux femmes qui souffrent au quotidien et qui n’osent pas être elles de peur du regard des autres ?
Nous vivons dans des sociétés africaines qui sont, c'est dommage de le dire, assez oppressantes. Et quand on est une femme, on est sujettes à toutes sortes de pressions visant à nous affaiblir. Et le pire, c'est que ces pressions durent depuis tellement longtemps qu'elles sont de l'ordre du normal maintenant. 
Donner un conseil me semble un peu présomptueux, car je pense avoir beaucoup de chemin à parcourir encore. Mais si je puis dire une chose, c'est que quand on est consciente de qui on est, on prête moins d'attention à ce que la société pense de nous. Ça combiné à l'instruction, permettra la libération de la femme.

Un mot pour ma féminité ?
Mes encouragements pour tout ce que vous accomplissez pour la promotion de la femme. Nous avons aujourd'hui plus que jamais besoin de médias faits par et pour nous au nom de la sororité !