Aminata Diop: De la stabilité professionnelle à l'entrepreneuriat culinaire.

Aminata Diop: De la stabilité professionnelle à l'entrepreneuriat culinaire.

Consciente d’un problème de nutrition et de santé publique, cette jeune maman du nom d’Aminata Diop Gueye décide de tourner le dos à sa stabilité professionnelle avec tous les avantages pour se lancer dans l’entreprenariat culinaire. Elle allie tous les ingrédients pour concocter de bons plats sains et savoureux.
Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs.
Bonjour je m’appelle Aminata Diop Gueye, j’ai 33 ans. Je suis la fondatrice et gérante de Masyrah gourmandise qui est le nom de mes enfants c’est pour dire que ça représente un projet de vie pour moi. Je suis quelqu’un d’assez obstinée, je suis une introvertie, une personne très réfléchie et posée lorsqu'il s'agit de prendre des décisions.
Quel était votre parcours académique et professionnel avant de monter votre entreprise ?
Après mon baccalauréat, je suis allée en France à Montpellier puis à Nantes. De retour au Sénégal juste après quelques stages à Dakar j’ai rejoint l’entreprise Neurotech ou j'ai littéralement gravi tous les échelons, en débutant en tant que commerciale à Directrice des Ressources Humaines et Qualité .Fin 2017 j’ai pris conscience de ma volonté très forte de réaliser mon ambition qui était de mettre sur pieds cette entreprise de transformation alimentaire spécialisée dans l'aide culinaire. Demain, j’ambitionne d’en faire une multinationale qui s’approvisionne ici au Sénégal et qui aidera ainsu à développer la filière agricole pour créer des emplois. C'est le rêve de tout entrepreneur.
Parlez-nous un peu plus de votre entreprise masyrah gourmandises.



C'est une suarl crée en 2017 avec 3 employés. Elle s’active dans l’assaisonnement culinaire, la transformation céréalière avec derrière, l’ambition de créer une vraie chaine de valeurs entièrement made in Sénégal. L’idée est de vraiment redonner vie à des traditions culinaires et être une alternative naturelle à ce qu’on peut trouver sur le marché industriel. Le premier produit de Masyrah Gourmandises est la marinade sous d’autres termes le nokkoss, qui est multi usages. La gamme s'est élargie avec des bouillons de légumes naturels, une sauce à base de piment et de la vinaigrette. Nous avons également mis sur le marché céréalier un produit historiquement du nord le thiéré ndiorni qui gagne à être connu et prochainement d’autres produits à base de riz du Sénégal vont être lancés. Masyrah Gourmandises commence à s’étendre via un réseau de distribution .Le but est d’être présent sur les chaines de distribution moderne et plus tard In Shaa Allah d’exporter.
Comment cette brillante idée vous est-elle venue ? Quelles ont été vos sources d’inspiration?
Rires…Déjà c'est venu de l’envie de bien faire. Je suis plutot douée dans la conception de par mon expérience. J’aime relever les challenges, être dans la création et l’innovation, je déteste la routine. Pourquoi ce genre de produits ? Parce qu’à une certaine période c’était important en tant que mère de famille d’aller vers des alternatives saines en termes de cuisine. Comment arriver à cuisiner de bons petits plats tout en maitrisant l'origine et la nature des ingrédients. Mais surtout sans avoir à importer des produits d’ailleurs. J’ai commencé à utiliser les produits maraichers. C’est de là qu’est né Masyrah Gourmandises. Ensuite Il a fallu professionnaliser, stabiliser les produits, travailler sur l’emballage etc. Ce sont des défis très importants à relever non seulement pour des questions d’hygiène et de sécurité alimentaire mais aussi pour des questions de compétitivité. Le but c'est vraiment de toujours être dans l’innovation, se démarquer.



Quel a été votre budget pour démarrer?
Zéro. Vu que j'avais un revenu j’ai puisé dans mes ressources pour investir dans l’emballage, les autorisations et les charges.
C’est pour dire qu’on n’a pas besoin d’un budget énorme pour démarrer mais pour grandir il faut de l’argent voilà la différence. Pour commencer on a juste besoin de volonté mais pour grandir il faut des ressources.
Le plus important c'est de mettre le produit sur le marché et le rendre fiable et bancable.A partir de là les choses se font toutes seules.
Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face?
Aujourd’hui l’entreprise grandit, donc je suis à la recherche des partenaires qui pourraient aider à financer la croissance et le développement en matière d’infrastructures, d'équipement vu qu’on arrive à un stade ou la taille devient critique. Donc c'est ça la grosse difficulté.
Vous êtes une épouse, une mère, une directrice d’entreprise, comment arrivez-vous à concilier le tout ? Comment vous organisez-vous?
J’ai été très tôt confrontée à cette situation. Avant d’être Directrice de Massyrah Gourmandises, avant même la trentaine j’étais déjà mère de 3 magnifiques enfants et j'avais des taches plus importantes. J’ai toujours appris à jongler je suis une personne qui n’a pas peur des responsabilités même si elles peuvent être lourdes à porter, je m’organise. Le principal défi en toutes choses est d’abord de prendre ses responsabilités et ensuite de s’organiser il n’y a pas de secret. Selon ma conception je dis qu’il faut toujours choisir ses batailles. En tant qu’entrepreneur ne pas se disperser, vouloir être partout, tout faire et parler de tout est source de désorganisation.il faut prioriser les taches savoir ce qui est réservé a la famille ce qu’il faut consacrer aux urgences aux taches routinières, à soi-même, à sa foi et la spiritualité. Je suis une personne qui s’organise qui accorde une part raisonnable à chaque organisation et surtout à la détente et aux loisirs s'est important également.

Quels conseils donneriez-vous à toute femme qui souhaite entreprendre?

Les femmes débordent d’idées c'est magnifique et je leur conseillerai à penser à se professionnaliser. Le marché sénégalais est tout petit lorsqu’on se lance on commence petit mais on doit penser à défier les concurrents internationaux et adopter des standards pour faire vivre le made in Sénégal. Je leur demanderai de se former et de former leurs employés parce que avoir une connaissance et la gardée c'est révolu. L’heure est vraiment au partage de connaissances donc lorsqu’on est chef d’entreprise on a un devoir qui consiste à faire monter les autres en compétences. Les femmes sont d’excellentes commerçantes mais on devrait de plus en plus penser à valoriser et vendre ce qu’on a chez nous c'est important et ça dans tous les domaines d’activité. L’idée est de s’organiser en groupes sectorielles se réunir et de créer de vraie synergie car demain la vraie concurrence elle viendra de l’étranger et on doit se préparer à cela. Je prends en référence les Moussors d’Awa, elle est l’exemple parfait de la femme entrepreneure qui valorise le made in Sénégal et j’exhorte toutes les femmes à y penser.

Un message pour ma féminité?

Bravo, ma féminité est une plateforme à laquelle je suis et j’approuve .il y a vraiment une vraie vision, une volonté de créer des synergies .on gagnerai à faire de vrais partages d’expériences échanger pour une initiation des femmes. C'est une plateforme à soutenir je dis bravo.


Fatoumata Hanne Dia