• 01 / Oct / 2020
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L'importance de la virginité : mythe ou réalité?

 

 

    L’hymen est une membrane qui obstrue plus ou moins l’entrée du vagin chez une jeune fille. Elle n’a aucune utilité physiologique et, la plupart du temps se rompt lors du premier rapport sexuel. Un tampon ou un spéculum mal adapté peut aussi en être la cause. Au cours des cinquante dernières années, l’âge moyen de la perte de la virginité a nettement baissé chez la jeune fille et se rapprochant désormais de celui des garçons pour se situer autour de 17 ans en Afrique.

    La virginité de la femme est sans nul doute l’une des choses qui fait couler de plus d’encre qui qui encore de nos jours fait le plus fantasmer. En effet, dans de nombreuses cultures de par le monde, la femme est la mère de tout, synonyme de respect, d’admiration et de grandeur. En Afrique tout particulièrement, il n’est pas une seule ethnie qui n’apporte pas d’importance à ce statut de la femme qui a un impact sur toute sa vie. Malgré l’ouverture au monde, la modernisation des peuples et les nouvelles mœurs importées d’occident, nul ne peut ignorer l’importance que la virginité revêt pour les femmes mais surtout pour la communauté tout entière. Mais la virginité de nos jours est-elle un mythe ou une réalité ? 

    Il n’est pas nécessaire de chercher longtemps, il suffit juste de s’adresser à une personne âgée et elle se fera un plaisir de conter à quel point il y a quelques années la virginité était incontournable pour une femme qui désirait asseoir son pouvoir dans son ménage et être traitée avec tous les écarts de la part de son époux et de sa belle-famille.

    Mariam, vieille dame de 89 ans, l’œil vif raconte : « Dans ma jeunesse, il était impensable qu’une femme se laisse aller à fréquenter un homme jusqu’à ce qu’il sache ce que cachait son pagne. Lorsqu’un homme te désirait, il se rendait chez tes parents et demandait ta main. C’est seulement après que le mariage ait été célébré qu’il avait le droit de poser ses mains sur toi et lorsqu’il s’avérait que tu avais réussi à rester vierge alors tous les honneurs t’étaient rendu et tu pouvais régner dans ton ménage avec toute la fierté possible et jamais cet homme ne pouvait te manquer de respect durant toute votre vie de couple, tu gardais la tête haute. Aujourd’hui, tout est différent, fait-elle avec une expression de dégout sur le visage. Ce sont les femmes qui courent après les hommes et parfois même lui demande d’avoir des rapports sexuels avec elle. Ah ! Le monde a bien changé. Les gens disent que ce n’est pas important… mais soyons honnêtes, qui aime recevoir un cadeau qu’un autre a déjà déballé et utilisé ? La virginité est très importante pour l’homme même s’il te fait croire le contraire, souvent pour jouer avec toi et te promettre de t’épouser ! Ce sont des menteurs… quand ils auront eu ce qu’ils veulent, ils iront épouser une jeune fille plus fraiche et qu’eux seuls auront eu le plaisir de découvrir. L’homme est comme cela. Il aime la nouveauté et nous les femmes ont est naïves. Les femmes vierges se comptent sur les doigts d’une main aujourd’hui et cela est bien dommage ; quoi qu’on puisse dire aux jeunes filles, elles ne le comprendront que lorsqu’elles seront dans un foyer et qu’elles se rendront compte de l’importance de rester vierge jusqu’au mariage». Ce discours, plus d’une a eu à l’entendre venant soit d’une mère, d’une tante ou d’une parente proche. Et malgré tout, la réalité va à l’encontre de ce qu’a été nos éducations : la faute à qui ?


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     De plus en plus de femmes justifient le choix de ne pas arriver vierge au mariage par leurs expériences vécues ou par les exemples de leurs proches. Danielle M. jeune Gabonaise de 32 ans témoigne : « j’ai fait le choix de ne pas rester vierge car, je ne vois pas pourquoi cela ne devrait concerner que la femme. Les hommes papillonnent durant toute leur jeunesse et veulent avoir une femme vierge lorsqu’ils décident de se marier. C’est égoïste et machiste. Moi je croque la vie à peine dent, je n’ai de comptes à rendre à personne. Cela ne veut pas dire que je suis une mauvaise fille. Tout simplement, j’assume ma sexualité et je ne laisse ni la religion, ni la tradition décider pour moi. Lorsqu’un homme voudra m’épouser, je lui dirai ce qu’il en est. S’il veut vraiment de moi et qu’il m’aime, il acceptera mon passé tout comme j’accepterai le sien. C’est très simple. On nous a longtemps rabâché que la femme doit être vierge etc… pourquoi il n’y a-t-il toujours que la femme qui doit faire des efforts en Afrique ? On est trop en retard et souvent ce sont nos croyances et traditions qui nous tirent en arrière. L’homme lui, a toujours l’excuse d’être un homme et que donc rien ne lui est imposé ».

    Il semble donc clair que les mentalités ont fortement évoluées dans le sens de l’émancipation et de la modernité que beaucoup prônent, laissant volontiers de côté les considérations ethniques et culturelles qui leur semble aujourd’hui désuètes. Autrefois ou du moins il y a de cela des années, les femmes pouvaient jurer sur leur pagne de fiançailles face à des situations d’honneur. Soit pour bénir ou pour maudire, soit pour démontrer leur haut degré de fidélité à leur époux et d’intégrité avant même le mariage. Au cas où cela est le cas, on dit alors qu’elle a été bien éduquée, bien élevée, par conséquent, elle fera une bonne épouse fidèle à ses engagements conjugaux. Il va de soi et selon les preuves laissées par la tradition tout le long du temps que la femme qui a su préserver sa virginité jusqu’au mariage peut rester fidèle à son mari jusqu’à ce que la mort ne les sépare».
    Y a-t-il encore des femmes qui osent s’essayer à ces genres de serments en ce 21è siècle ? C’est une interrogation à laquelle il serait difficile de répondre. Avec la modernité sans cesse croissante, le monde évolue à une vitesse effrayante, laissant son lot de mode et souvent pas les bonnes à adopter.

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    Certaines ethnies cependant, continuent de pratiquer les traditions telles qu’elles existaient il y a des siècles de cela et malgré l’ouverture au monde, les femmes de ces ethnies continuent à prendre en compte les conseils et mise en garde afin de ne pas déshonorer la famille et la communauté lorsqu’elles seront appelées à devenir une épouse. Des cas existent dans les pays du Maghreb où les femmes, contraintes par la tradition à arriver vierge au mariage et vivant sous les poids de la civilisation occidentale moderne se retrouvent avec pas d’autres choix que de pratiquer le sexe anal afin de satisfaire leur partenaire sans avoir à perdre leur fierté selon leurs principes. Certaines vont même jusqu'à se suicider lorsque le poids de la honte est trop lourd à porter et qu'elles n'osent pas faire face à leur famille, e qui est également un véritable problème. Dans d'autres pays d'Afrique, des cérémonies annuelles au cours desquelles les jeunes filles sont auscultées sur la place du village au vu et au su de tous par de vielles femmes sont organisées. Pour d’autres, la seule alternative réside dans les opérations chirurgicales de reconstruction de l’hymen qui sont aujourd’hui proposées par de nombreuses cliniques privées dans tout le continent. Il existe aussi sur les marchés africains de nombreux remèdes soit disant naturels : plantes de merlin, poudres de perlimpinpin et bâtons magiques qui promettent des miracles à celles qui poussent leur naïveté jusqu’à introduire ce genre de produits dans leur vagin, se risquant à mille et un danger.

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     Cela est contradictoire car, malgré que les femmes revendiquent leur liberté d’être et d’exister sexuellement, elles recherchent finalement toutes pour la plupart un moyen, traditionnel ou moderne, de « redevenir vierge » et ainsi ne pas s’attirer les foudres de toute une communauté lors de leur noce.  Une réalité qui semble confirmer que malgré ce qui se dit dans les chaumières, la virginité reste bel et bien importante encore aujourd’hui en Afrique et que cela n’est pas prêt d’en être autrement.

 

 Monica Kalla-Lobé.